Soliste

Métamorphoses

L’idée première de ce programme consiste à montrer les multiples facettes du saxophone et ses possibilités infinies. J’ai pour cela choisi, d’une part, de jouer 5 instruments différents (du saxophone Basse au Soprano) et de les faire apparaître dans des contextes musicaux et formations différentes, et d’autre part, de faire appel à un répertoire éclectique. Ce parcours musical est jalonné de textes antiques lus entre chaque pièce. L’itinéraire poétique proposé aborde les questions métaphysiques de la vie et de la mort, et interroge les phénomènes de la création et de la résurrection. La forme cyclique sur laquelle repose le programme en est l’écho. Vous noterez à cet égard que le récital naît et meurt avec la même note : un MI.

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« Métamorphoses est le fruit d’un travail intense de recherche de répertoire et la manifestation d’une trajectoire absolument remarquable de Guillaume Berceau au cours de ses études au Conservatoire de Paris.

Ses qualités musicales et instrumentales naturelles se sont effectivement littéralement métamorphosées dans une relation constante et enthousiaste avec mes collègues professeurs de composition, d’improvisation, d’arrangement et de musique de chambre.

Sa passion pour la littérature a considérablement accéléré l’évolution de sa maturité artistique dont témoigne ce programme qui exprime de manière synthétique la richesse et la diversité de ses expériences interdisciplinaires. »

Claude Delangle

Programme Métamorphoses

 

Crash

Ce programme s’inscrit dans la continuité de mon récital de Master de saxophone, il y a exactement un an. Il se fait l’écho de cette année très éprouvante, qui a tout changée, révélatrice d’une folie et d’une schizophrénie, premieres amies et ennemies de tout artiste. Ce récital sonnera comme un cri de colère et de désespoir, celui-là même qui m’a déchiré et qui a tenté de me briser.

Ton regard, bien aimée, me portait dans l’espace
Tes yeux étaient si tendres et je n’avais plus peur
Au milieu des courants et des cristaux de glace,
Le doux flot de la joie faisait battre mon coeur.
 
Au milieu du danger mon âme était sereine
L’homme déchirait l’homme, plein de hargne et de haine, 
Nous vivions un moment redoutable et cruel
Et le monde attendait une parole nouvelle.
 
Ton regard, mon amour, me portait dans la foule
Et je n’avais plus peur d’affronter les cyniques
Quelquefois cependant j’avais la chair de poule,
Le mal se propageait comme un choc électrique.
 
Alors je t’appelais, je te disais : «  Je t’aime » 
Et tu me promettais qu’il y aurait d’autres jours
Au milieu de la mort, de l’orgueil, du blasphème
Si nous pouvions le faire, nous sauverions l’amour.
 
Et puis cette nuit vint, une nuit ordinaire
Le soleil se battait, glissait dans les ténèbres
Mes genoux ont plié, je suis tombé par terre
Son baiser était froid, indifférent, funèbre.
 
Je me suis redressé après quelques secondes
Et j’ai lu dans tes yeux que tu n’aimais personne
Tu glissais vers la vie, tu revenais au monde,
Au chaos sec et dur que la mort emprisonne.
 
J’ai vu de grands rochers se briser dans le ciel,
J’ai vu de longs courants se tordre et se détendre
J’ai vu le grand serpent du monde matériel
Qui étouffait en toi le dernier regard tendre.
 
Notre amour se brisait comme une maison s’effondre,
Jamais on ne viendrait pour relever les murs
Jamais des cris d’enfants au milieu des décombres
N’éveilleraient les spectres et leur vague murmure.
 
L’aube vint. J’étais seul. Vers l’est, de grands nuages
Se tordaient souplement, annonciateurs d’orage.
Je me suis relevé après une longue attente ;
J’ai arraché des fleurs de mes deux mains tremblantes ;
Très loin, je le savais, le principe destructeur
Se réorganisait. J’ai marché dans la peur.
La poursuite du bonheur, Michel Houellebecq.
 Garde 1